Pas moins de 230 personnes, élèves des CM2 de l’école primaire et adultes ont visité l’exposition sur la ligne de démarcation organisée par le comité local de l’ANACR à l’espace Louis Aragon les 26 et 27 novembre 2017.

Les enfants ont été particulièrement attentifs et intéressés aux explications données par Madame Catherine POISSONNET du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation.

Ils se sont montrés également intéressés au témoignage d’un adulte centenaire venu visiter l’exposition.

Discours d’Yvon MORINEAU, président du comité local de l’ANACR de Saint-Florent-sur-Cher lors de l’inauguration de l’exposition le dimanche 26 novembre 2017 après les commémorations sur les tombes des résistants de LUNERY et de SAINT-FLORENT assassinés par les nazis et leurs collaborateurs.

Mesdames, Messieurs, chers amis, chers camarades,

Il y a 72 ans, la France se libérait de 4 années d’occupation nazie. Le 8 mai 1945, l’Allemagne hitlérienne capitulait et l’Europe sortait enfin du cauchemar et de la barbarie.

Les déportés survivants des camps de la mort, les prisonniers de guerre, les requis du STO pouvaient rentrer en France.

Une France exsangue par les sacrifices imposés par les occupants et les traîtres à son service, mais une France qui avait renoué avec la démocratie et la République, qui avait retrouvé sa souveraineté et son indépendance, une France redevenue un pays libre.

Cette France retrouvée, cette Europe libérée de l’oppression, nous les devons à toutes celles et tous ceux qui se sont sacrifiés : aux soldats alliés américains, soviétiques, anglais, canadiens, aux patriotes français qui ont répondu à l’appel du général De Gaulle et constitué les Forces Françaises Libres et à ceux qui ont participé à la Résistance sur le sol national.

Dans le Cher, ils ont payé un lourd tribut :

200 fusillés, plus de 1000 déportés arrêtés dans le Cher dont 240 sur la ligne de démarcation

Parmi ces fusillés, ces déportés, parmi ceux qui sont tombés dans les combats de la Libération, nous commémorons aujourd’hui :

Gabriel Dordain,

Connu avant-guerre pour ses activités syndicales et politiques, licencié de l’usine de Rosières le 30 novembre 1938, il travaillait dans l’ombre et « sans avoir l’air de se mouiller », disait de lui Louis Aubouet, il assumait clandestinement des responsabilités terribles.

En liaison directe avec Marcel CHERRIER, qui était recherché par la Gestapo comme chef de la résistance armée dans le Cher, c’est lui qui avait la tâche redoutable de canaliser les jeunes réfractaires au S.T.O. vers le maquis F.T.P.F dont les actions devenaient de plus en plus nombreuses et hardies contre les Allemands.

Hélas, lors d’une attaque par un groupe F.T.P. d’un train de munitions Allemands à FOECY, les membres du groupe furent tous, ou tués, ou prisonniers et parmi ces derniers le propre neveu de DORDAIN, qui avait commis l’imprudence de garder sur lui une lettre de son oncle. C’est ainsi que le 22 septembre 1943 vers 17 heures la Gestapo est venue le chercher à l’usine.

Ils l’ont embarqué dans une sinistre traction. On ne devait plus le revoir vivant. Il fut fusillé le 23 novembre 1943

Émile-Louis Tixier

Pseudonyme dans la Résistance Berry

Né le 16 septembre 1921 à Lunery ; Ajusteur mécanicien, militant communiste, Résistant.

Émile était le fil d’un mouleur de l’usine de Rosières, après son apprentissage; il travailla en 1939 à Bourges dans une usine d’aéronautique.

Le 30 septembre 1943 Emile fut arrêté à son domicile à la Rochelle par les policiers de la 7éme brigade de sureté de Bordeaux, dirigée par le commissaire Poinsot et la police allemande.

Émile fut incarcéré à la prison de la Pierre Levée à Poitier, et condamné à mort pour activité en faveur de l’ennemi et activité de franc tireur et fusillé au champ de tir de Biard le 5 novembre 1943.

Il repose au cimetière de Rosières depuis le début des années 1950

Une plaque a été apposée à la Rochelle au 187 avenue Jean Guiton, où il fut arrêté ;

Germain Baujard.

La Famille Louis Baujard mouleur à Rosières et de Mélanie Plisson était composée d’une fille et de 3 garçons. Germain, le dernier est né le 27 aout 1913, les 3 frères ont été apprentis à l’usine de Rosières, comme ajusteurs mécaniciens.

Lucien, l’aîné est parti en premier à l’usine Gnome et Rhône dans la région parisienne au début des années 1930 et a été suivi par les 2 frères.

Germain est arrêté par la police française en 1939 à Paris pour activité communiste et distribution d’un journal interdit, l’Humanité.

Il est interné à Fréjus dans le Var.

Il s’évade du train qui le conduisait en Allemagne début 1943. Il remonte vers chez lui à Rosières en passant par le Vercors et arrive dans le Cher en 1944.

Il meurt le 22 août 1944 lors de l’attaque d’un train blindé à pont Vert.

Son nom est gravé sur la stèle de l’usine devenue Safran à Corbiel.

Maurice Montigny, vaillant combattant de l’ombre sera arrêté par les nazis, torturé, puis fusillé à Loches le 24 août 1944, il avait 24 ans.

Roger Virolle, lui aussi ardent combattant, poursuivant la lutte de libération du sol français, a été tué devant Colmar à Oberfed Haut Rhin le 08 février 1945, il n’avait que 20 ans.

Ce sont quelques noms de combattants qui se sont levés contre le fascisme, la barbarie nazie, pour la liberté de notre peuple et lui permettre de construire un monde plus juste, plus humain, plus fraternel.

Car tous rêvaient d’une libération nationale et d’un nouveau progrès social et démocratique. Ils l’ont payé de leur vie ;

D’autres nous ont quitté au fil des années. D’autres, enfin, sont encore parmi nous et témoignent jour après jour de leur engagement, de leur engagement de résistants.

Au-delà de l’hommage que nous devons rendre aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui ont combattu le nazisme – quelles que soient leur religion, leur préférence philosophique ou politique.

il nous revient à nous aujourd’hui de rappeler leur combat, le rôle essentiel tenu par ces hommes et femmes de l’ombre français et émigrés pour redonner ses couleurs à la France.

La résistance, cela a été aussi le Conseil National de la Résistance et sa création par Jean Moulin le 27 mai 1943.

La création du CNR le symbolisait mais au-delà, avec l’établissement d’un programme économique, social, politique, le CNR avait le souci de jeter les bases d’une société nouvelle, plus juste, plus solidaire de préparer « les jours heureux ».

La création de la sécurité sociale, une retraite décente, la création d’entreprises publiques performantes, le renforcement des droits des salariés dans l’entreprise, la possibilité donnée à tous les enfants d’accéder au savoir et à la culture quelque soit la situation de fortune des parents.

Tout cela a été possible dans un pays exsangue et on vient nous expliquer aujourd’hui que, dans un pays et un monde plus riches, plus riches que jamais, nous aurions moins de moyens pour nous soigner, qu’il faudrait travailler plus longtemps, cotiser plus et avec un salaire bloqué, que nous n’aurions plus les moyens d’avoir des services publics, qu’il faudrait faire voler en éclat les protections collectives, le code du travail !

La mise à bas de tous ces acquis de la résistance mais aussi ceux du Front Populaire sonne comme une insulte à l’égard de celles et ceux qui ont redonné sa liberté à la France, à celles et ceux qui l’ont reconstruite.

Nous sommes de ceux qui veulent continuer à porter les messages de la Résistance.

Et aujourd’hui, la question fondamentale est bien celle de la répartition des richesses et de leur utilisation.

Cette honte de l’insolent enrichissement de quelques-uns face à la détresse et aux difficultés du plus grand nombre, cela doit cesser.

Utopie me direz-vous? Peut-être, mais pas davantage qu’il y a 77 ans quand au coeur de la nuit la plus noire, certains se sont efforcés de faire vivre la flamme de l’espoir, de la dignité, de la libération et de la construction d’un monde meilleur.

Alors oui, il faut sans doute avoir un peu de courage et d’audace aujourd’hui pour affronter la mondialisation capitaliste, pour affronter ces prétendues idées et mesures modernes qui ne sont que le rabâchage des vieilles balivernes profitant toujours aux mêmes.

Dans les conditions d’aujourd’hui, je crois surtout qu’il faut tout simplement oser et agir avec tous ceux qui le souhaitent pour inventer, construire, travailler aux conditions du changement progressiste dans la société et le monde d’aujourd’hui !

Fidèles à ceux que nous honorons aujourd’hui, ayons ensemble la volonté, la capacité, le culot d’aller plus loin,

POUR changer cette société barbare écrasée par les marchés financiers,

PAR une société où il n’y aura pas d’autre valeur que l’être humain !

L’histoire est ce que nous avons de plus précieux : Celui qui la connait ne craint aucunement son cheminement ; Mais celui qui veut l’ignorer se risque à en revire les épisodes les plus tragiques.

Discours d’Yvon MORINEAU, président du Comité de Saint-Florent-sur-Cher de l’ANACR lors de l’inauguration de l’exposition.

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Témoignage de Maurice RENAUDAT, ancien Résistant et président d’honneur du comité du Cher de l’ANACR

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Sentinelle au pont du Cher à Saint-Florent là ou passait la ligne de démarcation avant d’être déplacée plus au nord sur la route de Bourges, près du Subdray

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Enfants très attentifs aux explications de Madame Catherine POISSONNET

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Enfants attentifs et très intéressés par le témoignage d’un adulte aujourd’hui centenaire

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Une réflexion sur “Saint-Florent-sur-Cher : Succès de l’exposition sur la ligne de démarcation organisée par le comité local de l’ANACR

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