IMG_3856Dépot de gerbe et recueillement par Marie-Christine BAUDOUIN, maire de Saint-Germain-du-Puy, Maurice RENAUDAT, ancien résistant et Dorian MELOT, jeune militant communiste, devant la stèle où sont gravés les noms de militants communistes du Cher qui ont payé de leur vie.

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Allocution de Jean-Michel GUERINEAU, secrétaire départemental du Parti communiste français

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Les militants pendant la cérémonie

Allocution de Jean-Michel GUERINEAU, secrétaire départemental du Parti communiste français.

Mesdames, Messieurs, chers amis, chers camarades,

Il y a 73 ans, durant l’été 1944, la France se libérait de 4 années d’occupation nazie. Au printemps suivant, le 8 mai 1945, l’Allemagne hitlérienne capitulait et l’Europe sortait enfin du cauchemar et de la barbarie.

Les déportés survivants des camps de la mort, les prisonniers de guerre, les requis du STO pouvaient rentrer en France. Une France exsangue par les sacrifices imposés par les occupants et les traîtres à son service, mais une France qui avait renoué avec la démocratie et la République, qui avait retrouvé sa souveraineté et son indépendance, une France redevenue un pays libre.

Cette France retrouvée, cette Europe libérée de l’oppression, nous les devons à toutes celles et tous ceux qui se sont sacrifiés : aux soldats alliés américains, soviétiques, anglais, canadiens, aux patriotes français qui ont répondu à l’appel du général De Gaulle et constitué les Forces Françaises Libres et à ceux qui ont participé à la Résistance sur le sol national.

Dans le Cher, ils ont payé un lourd tribut :

200 fusillés

699 déportés dont 11 femmes et 46 enfants

420 d’entre eux, ne sont pas revenus !

Parmi ces fusillés, ces déportés, parmi ceux qui sont tombés dans les combats de la Libération, nombreux étaient communistes.

Marcel et René Cherrier, Roland Champenier, Georges Rousseau, Léo Mérigot, Suzanne Labertonnière, Angèle Chevrin, Louis Chevrin, Zélia Duchesne, Julien Giraud, André Giraudon, Louis Buvat, Albert Kaiser, Gabriel Dordain, Louis Gatignon, Raymonde et Louis Lamodière, Romain Bardin, André Laloue, Pierre Ferdonnet, Fernand Micouraud, Henry Diaz, Maurice Renaudat,… et beaucoup, beaucoup d’autres.

Ce sont quelques noms de communistes qui se sont levés contre le fascisme, la barbarie nazie, pour la liberté de notre peuple et lui permettre de construire un monde plus juste, plus humain, plus fraternel.

Car tous rêvaient d’une libération nationale et d’un nouveau progrès social et démocratique. Certains l’ont payé de leur vie ; leurs noms sont sur cette stèle. D’autres nous ont quitté au fil des années. D’autres, enfin, sont encore parmi nous et témoignent jour après jour de leur engagement, de leur engagement de communiste.

Car, pourquoi le taire ? Les communistes ont été au premier rang des combattants de la liberté, ce que François Mauriac a traduit par ces mots : « La classe ouvrière, seule dans sa masse, est restée fidèle à la France profanée ».

Au-delà de l’hommage que nous devons rendre aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui ont combattu le nazisme – quelles que soient leur religion, leur préférence philosophique ou politique – il nous revient à nous communistes d’aujourd’hui de rappeler ce rôle essentiel tenu par les communistes français pour redonner ses couleurs à la France.

Certes, la légende est tenace qui veut que les communistes ne soient entrés en résistance qu’après l’entrée en guerre de l’Union Soviétique. C’est une injure à tous ces communistes arrêtés, emprisonnés, fusillés pour certains, entre juin 40 et juin 41, pour actes de résistance, confirmés en décembre 40 par le préfet du Cher déclarant que « le PCF dans le Cher est la seule organisation politique faisant preuve d’une activité qui ne soit pas individuelle et isolée ».

Mais la résistance, cela a été aussi le Conseil National de la Résistance et sa création par Jean Moulin le 27 mai 1943. Les communistes se sont battus comme d’autres, avec d’autres, pour l’union de la résistance. La création du CNR le symbolisait mais au-delà, avec l’établissement d’un programme économique, social, politique, le CNR avait le souci de jeter les bases d’une société nouvelle, plus juste, plus solidaire de préparer « les jours heureux ».

La création de la sécurité sociale, une retraite décente, la création d’entreprises publiques performantes, le renforcement des droits des salariés dans l’entreprise, la possibilité donnée à tous les enfants d’accéder au savoir et à la culture quelque soit la situation de fortune des parents, etc… figurent au programme du CNR.

Tout cela a été possible dans un pays exsangue et on vient nous expliquer aujourd’hui que, dans un pays et un monde plus riches, plus riches que jamais, nous aurions moins de moyens pour nous soigner, qu’il faudrait travailler plus longtemps, cotiser plus et avec un salaire bloqué, que nous n’aurions plus les moyens d’avoir des services publics, qu’il faudrait faire voler en éclat les protections collectives, le code du travail !

Bien sûr, tout cela est faux ! Mais il y a une chose qui est vraie : c’est qu’on ne peut pas assurer un emploi à tout le monde, une assurance maladie égale pour tous, une retraite décente, des services publics de qualité, des salaires corrects si l’on accepte comme seul objectif économique un rendement des actions qui fasse exploser les profits comme le montre les 52 Milliards de bénéfices réalisés en ce premier semestre 2017 par les entreprises du CAC 40 ! Ce rendement d’actions obtenu entre autres par des licenciements et un chômage massifs, des délocalisations et la mise en concurrence des hommes et des territoires ou encore la compression des salaires et pensions!

La mise à bas de tous ces acquis de la résistance mais aussi ceux du Front Populaire sonne comme une insulte à l’égard de celles et ceux qui ont redonné sa liberté à la France, à celles et ceux qui l’ont reconstruite.

Nous sommes de ceux qui veulent continuer à porter les messages de la Résistance. Et aujourd’hui, la question fondamentale est bien celle de la répartition des richesses et de leur utilisation. C’est la question clef !

Cette honte de l’insolent enrichissement de quelques-uns face à la détresse et aux difficultés du plus grand nombre, cela doit cesser.

Ce déséquilibre par la violence sociale faite aux femmes et aux hommes génère frustrations et violence et met en danger la démocratie.

Le choix à faire aujourd’hui, c’est d’avoir la volonté de se donner les moyens d’inverser l’ordre des priorités et des valeurs.

Utopie me direz-vous? Peut-être, mais pas davantage qu’il y a 77 ans quand au coeur de la nuit la plus noire, certains se sont efforcés de faire vivre la flamme de l’espoir, de la dignité, de la libération et de la construction d’un monde meilleur.

Alors oui, il faut sans doute avoir un peu de courage et d’audace aujourd’hui pour affronter la mondialisation capitaliste, pour affronter ces prétendues idées et mesures modernes qui ne sont que la resucée des vieilles badernes profitant toujours aux mêmes.

Dans les conditions d’aujourd’hui, je crois surtout qu’il faut tout simplement oser et agir avec tous ceux qui le souhaitent pour inventer, construire, travailler aux conditions du changement progressiste dans la société et le monde d’aujourd’hui !

Les initiatives, nous, Communistes, nous les proposons avec notre projet mais aussi par notre appel incessant au rassemblement des progressistes sans lequel rien ne sera possible.

Nous voulons toujours une politique véritablement de gauche faite par et pour le peuple !

Nous faisons tout pour cela !

Nous voulons un projet de transformation sociale qui change la vie des gens, répartisse autrement les richesses.

Aujourd’hui, comme à d’autres périodes de l’histoire, notre pays, notre peuple ont besoin du PCF, car il reste ce point de repère de celles et ceux qui ne renoncent pas aux transformations de la société dans le sens du progrès humain.

Alors oui, il faut sans doute avoir un peu de courage pour cela.

Je crois surtout qu’il faut tout simplement oser et on verra que l’espoir se lèvera à nouveau !

Ayons confiance en notre force, en notre rassemblement, en nos valeurs de Justice, de Solidarité, et de Liberté.

Fidèles à ceux que nous honorons aujourd’hui, ayons ensemble la volonté, la capacité, le culot d’aller plus loin,

POUR changer cette société barbare écrasée par les marchés financiers,

PAR une société où il n’y aura pas d’autre valeur que l’être humain !

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