Stèle à la mémoire de Julien GIRAULT-15 août 2017
                Stèle à la mémoire de Julien GIRAULT, à Saint-Germain-du-Puy, route des Aix d’Angillon

Dépôt de gerbe par le fils de Julien Girault-15 août 2017-1

Dépôt de gerbe par le fils de Julien GIRAULT

Hommage à André SCHULPEN 4-15 août 2017

Hommage à André SCHULPEN

Hommage à André SCHULPEN 3-15 août 2017

Dépôt de gerbe par Maurice RENAUDAT, ancien résistant et Serge SOUDRY, président du comité ANACR de Bourges au square André SCHULPEN

Comme chaque année à cette date, l’ANACR et la municipalité de Saint-Germain-du-Puy ont honoré la mémoire de Julien GIRAULT, commandant Maxime dans la Résistance et assassiné le 15 août 1944. Ils ont également rendu hommage à André SCHULPEN, jeune Résistant belge, fusillé par les nazis.

La cérémonie a commencé par un dépôt de gerbe à la stèle route des Aix d’Angillon là où a été retrouvé le corps du commandant Maxime environ une semaine après le 15 août 1944. Une gerbe a été déposée ensuite square André SCHULPEN puis au Monument aux morts de Saint-Germain-du-Puy où Madame le Maire Marie-Christine  BAUDOUIN et Jean-Michel ATHOMAS, président du comité du Cher de l’ANACR ont prononcé chacun une allocution.

Allocution prononcée par Mme Marie-Christine BAUDOUIN, Maire de Saint Germain du Puy  à l’occasion de la cérémonie du 15 Août 2017

Mesdames, Messieurs,

Si nous sommes réunis aujourd’hui, au-delà de la commémoration du débarquement en Provence des forces alliés le 15 Août 1944, c’est pour saluer les combattants de la résistance, et plus particulièrement la mémoire de deux hommes, Julien GIRAULT (Cdt MAXIME) et André SCHULPEN, qui ont donné leur vie pour libérer la France d’un ordre nouveau décidé par le fascisme et le pouvoir de l’argent.

Comme tous les ans, nous avons déposé une gerbe en l’honneur de ces deux hommes avec une pensée pour toutes celles et tous ceux qui sont morts pour libérer notre pays.

André SCHULPEN et Julien GIRAULT étaient des hommes qui n’avaient pas le même parcours.

L’un était un homme de croyances religieuses, l’autre était plutôt « libre-penseur ».

André Schulpen était né à Aix la Chapelle en Allemagne le 28 janvier 1926, et Julien Girault à Crézancy-en-Sancerre le 9 avril 1919.

Or tous les deux avait pour Idéal la Liberté, la Paix et l’émancipation des peuples.

Le premier était très jeune, il avait 16 ans lorsqu’il s’est engagé dans les rangs de l’Armée Secrète en Belgique, avant de traverser la frontière pour rejoindre la France en mars 1942, où il fut arrêté.

Placé dans différentes fermes du Cher, il s’échappe en septembre 1943 pour rejoindre les Francs-Tireurs et Partisans où il prend contact avec Roland CHAMPENIER.

Capturé par les allemands le 17 septembre 1943, il fut emmené au siège de la Gestapo où il subit de terribles tortures. Condamné à mort le 11 Novembre 1943, il a été fusillé le 23 Novembre, en compagnie de 8 camarades, au polygone de Bourges.

Le deuxième avait 20 ans lorsqu’il s’engage dans la résistance à Rouen, où il fait ses études à l’École Normale, en distribuant des tracts antinazis.

En Octobre 1941, il est nommé dans le Cher à Jouet-sur-l ’Aubois.

Très rapidement il prend contact avec Marcel CHERRIER et rencontre Roland CHAMPENIER.

Il prend, avec son épouse Alice, beaucoup de risques en rédigeant et livrant des tracts antinazis.

Mais pour lui, il faut absolument que chacun prenne conscience qu’il existe une autre attitude que la soumission à l’occupant.

Tout au long des années 1942 et 1943, il participe à plusieurs actions dont des opérations de sabotages sur la ligne Bourges-Saincaize.

« MAXIME », comme il se faisait appeler, devient un véritable chef, minutieux, efficace, avec de vrais talents d’organisateur.

Il se déplace beaucoup dans tout le département.

En 1944, il créé le journal « EN AVANT » qui sera diffusé dans tout le département du Cher.

C’est le 15 Août 1944, après avoir participé à une réunion de l’État-Major FFI réuni clandestinement dans un bois sur la route des Aix-D’angillon, qu’il sera assassiné.

Ces deux hommes, par leurs actions, ont permis que nous puissions vivre libre et maître de notre destin.

Allocution de Jean-Michel ATHOMAS président du comité du Cher de l’ANACR

Madame le Maire,

Mesdames et Messieurs les Maires

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux

Mesdames et Messieurs les représentants des associations patriotiques et les portes drapeaux

Monsieur le délégué départemental de l’AMOPEX

Monsieur Michel GIRAULT, fils du commandant Maxime

Mesdames et Messieurs les anciens Résistants et anciens combattants

Je salue en particulier la présence à nos côtés de Maurice Renaudat, ancien Résistant, président d’honneur de l’ANAC, blessé en 1944 à la bataille de Saint-Hilaire de Court, titulaire de la Légion d’honneur

Mesdames et Messieurs,

Il y a huit ans, le 15 août 2009, j’étais pour la première fois parmi vous venant tout juste de succéder à Pierre FERDONNET, ancien résistant, déporté revenu des camps à leur libération en 1945. Avec lui chaque année nous préparions cette cérémonie avec Maxime Camuzat, maire conseiller général du canton des Aix d’Angillon et avc Monsieur Philippe JOLIVET. Permettez moi de les remercier publiquement ce matin tant nous avons pu construire avec la commune de Saint-Germain-du-Puy d’étroites relations qui nos permettaient chaque année de nous revoir pour commémmorer l’Appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle ou depuis sa création la Journée Nationale de la Résistance chaque 27 mai.

Ici à Saint-Germain-du-Puy les valeurs de la Résistance et du programme du Conseil National de la Résistance ont un sens. Et votre présence ce matin en est bien une nouvelle fois le symbole et je vous en remercie.

Merci Madame le Maire et à votre Conseil municipal récemment élus de poursuivre l’oeuvre entreprise par vos prédécésseurs ?

En 1986, Pierre Jacquet, ancien résistant alors président de l’ANACR et du Comité d’Union de la Résistance remerciait déjà votre commune, Madame le Maire d’avoir depuis plus de 10 ans organisé cette double cérémonie à la stèle de la route des Aix d’Angillon et ici au coeur du bourg au square André SCHULPEN et enfin au Monument aux Morts.

Depuis donc plus de 40 ans votre commune honore la mémoire du Commandat Maxime et celle d’André Schulpen.

Le 15 août 1986, Pierre Jacquet avait retracé en ces mots leurs parcours héroiques faisant face à la bête immonde comme la nomma Berthold Brecht.

Permettez-moi d’emprunter les mots de Pierre Jacquet qui fut le dernier compagnon de route, de vie du Commandant Maxime le 15 août 1944 :

« Le 15 août 1944, Julien Girault, lieutenant colonel FTPF, commandant Maxime dans la Résistance, dont iune allée du quartier d’Auron porte le nom aujourd’hui, assistait à une réunion -la 3ème et évidemment clandestine- de l’État Major FFI du Cher, dans le petit bois de la route des Aix, avec le Colonel Colomb et le Commandant Jean-Baptiste Magnon, André Monoury, et plusieurs responsables de l’ensemble des groupements FFI du département, afin de mettre au point les derniers détails de la future libération de Bourges.

Après la réunion, au cours de laquelle l’accord avait été finalement total, chacun, à vélo, regagnait isolément sa zone d’action.

Je fis avec Maxime les quelques centaines de mètre qui mènent au carrefour de la route de Bourges-les Aix où nous devions nous séparer.

Il me confia alors qu’il avait depuis quelques temps, l’impression d’être suivi, décida de renoncer à aller vers Bourges, comme il l’avait prévu et repartit en direction des Aix.

Son corps était retrouvé 10 jours plus tard, derrière une haie, à mi-chemin entre le carrefour et le petit bois, moins de deux semaines avant la libération pour laquelle il avait tout sacrifié ».

André Schulpen, dont le nom a été donné ici à un square, avait 17 ans quand il fut fusillé à Bourges.

Belge, étudiant catholique fervent, il était déjà membre de l’Armée secrète belge, quand pour échaper au STO, il passa en France afin d’éviter que ses parents soient inquiétés, se faisant passer pour un vagabond, et fut pris en charge par l’Assistance publique qui le plaça dans une ferme d’où il se sauva quelques jours plus tard.

Après bien des déboiress, arrivé jusque dans notre département, il fu intégré dans l’un des maquis de Roland Champenier à Gron, près de Baugy, maquis encerclé et anéanti par les Allemands en mars 1943.

Interné au Bordiot, refusant de parler malgré la torture, il fut fusillé le 23 novembre, en même temps que d’autres résistants dont Gabriel Dordain de Saint-Florent, tous allant au poteau en chantant « la Marseillaise ».

Julien Girault, André Schulpen représentent symboliquement l’ensemble de tous ceux qui de toutes origines, toutes confessions, tous âges, ont payé de leur vie, leur amour de la liberté et leur acharnement à la reconquérir, au cours de l’une des plus noires et finalement des plus glorieuses périodes de notre histoire.

Les cérémonies d’aujourd’hui doivent aussi rappeler, à ceux qui veulent l’ignorer, ou qui l’on oublié, que l’amitié, la solidarité, de tout ou presque tout un peuple, sont capables de faire des miracles quand l’indépendance et sa liberté sont menacées, et que tout semble perdu.

Une leçon à retenir et à méditer, d’autant plus sérieusement que certains évènements actuels, nationaux et internationaux, provocations ou agissements dignes du plus pur nazisme qui nous a tant fait mal, sont là pour rappelr qu’il y a toujours des aventuriers pour menancer la paix nationale et la paix dans du monde.

Union toujours donc…. Solidarité…., Vigilance !!! »

Ces propos de Pierre Jacquet que j’ai eu la chance de rencontrer souvent, resté fidèle de mon père, Georges Athomas, responsable d’un maquis du sud du départemente, du groupe Indre-Est, sont toujours d’actualité aujourd’hui et plus que jamais.

Originaire de Crézancy, où il repose aujourd’hui, Julien Girault, le commandant Maxime de la Résistance avait effectué ses études d’élève instituteur à l’école normale de Rouen avant d’être muté le 1er octobre 1941 à l’école de Jouet-sur-l’Aubois puis de rejoindre l’école d’Ignol à la rentrée 1943 avant d’entrer dans la clandestinité en novembre.

Chef des FTP du Cher, « Julien Girault n’a pas vu se lever le jour d’une libération qu’il avait tant contribué à préparer et fut élevé au grade de lieutenant colonel » comme le rappelle Maurice Renaudat dans l’ouvrage « La Résistance dans le Cher de 1940 à 1944 ».

Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à une société solidaire, à un monde juste et en paix, furent les valeurs qui motivèrent l’engagement des Résistantes et des Résistants dans le combat contre l’occupant nazi, et le régime pétainiste complice de ses crimes ; combat convergeant avec celui des Français Libres et prenant sa place dans la lutte des peuples et des forces allées contre la barbarie génocidaire et liberticide.

Aujourd’hui, le monde contemporain connaît hélas toutjours la guerre, l’oppression, le racisme, les discriminations et épurations ethniques, les persécutions religieuses, le sous-développement socia et culturel de populations entières, les actes de terrorisme barbare, tels ceux qui, après et avec d’autres pays, ont frappé la France depuis 2015, tous fléaux contre lesquels il faut se dresser sans faillir.

Dans notre pays, la xénophobie et les discours faisant des immigrés, des réfugiés fuyant les persécutions, les guerres, la pauvreté, la famine, les responsables de maux que connaît notre société -tels le chômage et l’insécurité- ne sont plus que la seule marque de l’extrême droite mais ont contaminé hélas nombre de discours.

Dans ce contexte, les valeurs humanistes, démocratiquess et patriotiques pour lesquelles luttèrent les Résistants et que symbolisent les figurent emblématiques sde Jean Moulin et du Général de Gaulle, cette aspiration à une France et à un monde meilleurs, plus justes et solidaires dont ils furent porteurs -et qu’à exprimé le Programme du Conseil National de la Résistance- restent plus que jamais d’actualité.

S’adressant le 8 mai 2015 aux lauréats nationaux du Concours National de la Résistance et de la Déportation, Louis Cortot, Compagnon de la Libération, Président de l’ANACR leur délivrait ce massage : « Réfléchissez, n’acceptez pas les injustices, agissez. Pas parce que vous êtes sûr de réussir, mais parce que c’est juste : c’est cela avoir un idéal.

Restez toujours vigilants. Intéressez-vous à ce qui se passe en France, en Europe, dans le monde. Tout vous concerne.

Défendez vos droits, mais ayez aussi conscience de vos devoirs »

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé à l’organisation de cette cérémonie et en particulier à la police municipale qui a assuré notre sécurité ce matin.

Merci de votre attention.

Allocation en Mairie lors du vin d’honneur à l’issue des cérémonies

Mesdames, Messieurs,

Le combat de toutes celles et tous ceux qui ont combattu pour la liberté doit se poursuivre car, comme le mentionne la traduction française du texte de BRECHT : « Le ventre est encore fécond d’où surgit la bête immonde ».

Les dernières élections au sein des pays européens démontre qu’il nous faut être très vigilant.

Nous devons veiller au devoir de mémoire et à rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont lutté pour l’éducation et l’émancipation des peuples.

Je veux ici vous dire que pour moi des hommes comme les frères René et Marcel CHERRIER, Pierre FERDONNET ou Maurice RENAUDAT, des femmes comme Louise BELLERET, Madeleine FERDONNET ou Marguerite RENAUDAT et bien d’autres doivent faire l’objet de remerciements et d’attention.

C’est pourquoi, en tant que nouvelle Maire de St Germain du Puy, je confirme et je partage le choix qui a été fait de donner le nom de Marguerite RENAUDAT à la bibliothèque de St Germain du Puy dont l’extension sera inaugurée le 21 octobre.

Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre présence et je vous invite à prendre le verre de l’Amitié et de la Paix.

 

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