Ce dimanche 2 juillet 2017 de 10 h à 12 h a eu lieu sur toutes les communes du Canton de Graçay la commémoration des batailles et de la dure répression qui eurent lieu sur les communes du Canton en juillet 1944.

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  Cérémonie à la gloire de la Résistance et à toutes les victimes du nazisme

Organisée par l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance

Toutes les municipalités du Canton de Graçay invitent la population à participer massivement.

Commémoration à l’initiative de chaque commune pour une remise de gerbe sur son lieu de mémoire

  • 10 h Genouilly : Stèle de la Maison Fort
  • 10 h Graçay et Saint-Outrille : monument aux morts
  • 10 h Nohant  : Stèle de la Goubarderie
  • 10 h Saint-Georges : stèle des Ocreries
  • 10 h 30 Dampierre : monument aux morts

  11 h

Rassemblement central, stèle de l’Amérique à Graçay, route de Genouilly, en présence des personnalités, des portes drapeaux et des associations d’anciens combattants.

12 h

Graçay : Office du Tourisme, place du Marché

Vin d’honneur offert par la Municipalité de Nohan-en-Graçay

Téléchargez l’affiche en cliquant sur le lien ci-dessous

Affiche-Commémoration du Canton de Graçay-2 juillet 2017

Le 6 juin 1944 à Graçay et ses suites

Récit des événements tiré du livre « La Résistance dans le Cher 1940-1944 », édité par l’association des Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges et du Cher.

En novembre 1942, Georges Chalandre, menuisier à Graçay, commence à rassembler quelques patriotes et collecte du matériel de guerre, récupéré lors de la débâcle, par des particuliers. C’est ainsi que des fusils sont cachés dans l’église de Graçay, dès juin 1940, par le jeune Roger Herhel.

Début 1943, Chalandre entre en contact avec Camille Levêque, un prisonnier évadé. Tous deux organisent le placement des réfractaires, leur ravitaillement, la fabrication de fausses cartes d’identité et, en novembre 1943, ils établissent des contacts avec le groupe Vengeance de Vierzon, dirigé par Maurice Caron. Ils sont également en liaison avec Théogène Briant et Armand Mardon de Dun-le-Poëlier (Indre) qui dépendent de la Région R5. (1) Ils y seront définitivement rattachés lorsque des arrestations déciment le groupe Vengeance dans le Cher en février 1944.

De son côté, Edmond Ferragu, le maire révoqué par Vichy, met en place, dans le canton, le Front National, avec l’aide de Daniel Belliard, un paysan de Genouilly. Lui aussi est en liaison avec les résistants de Dun-le-Poëlier ce qui lui permet de rencontrer la lieutenante « Pauline », une agente du SOE britannique qui jouera un grand rôle dans la région.

Pour leur part, les communistes de Graçay, avec Émile Boyer, ont constitué un groupe FTPF. Des parachutages à Grandmont (mars 1944) pour le Front National, à la Guérinière (mai 1944) pour le groupe Vengeance, apportent de l’armement aux résistants.

A 21 h 5, le 5 juin 1944, la radio de Londres passe trois messages d’alerte. C’est la mobilisation immédiate de tous les volontaires.

Le départ de deux gendarmes au maquis

Un rapport du lieutenant, commandant la section de gendarmerie de St-Florent, daté du 7 juin 1944, donne des précisions sur le passage à la dissidence de deux gendarmes de Graçay :

Le 6 juin 1944, à 1 h 15, le gendarme stagiaire Carraz, demeurant en ville, était réveillé par un inconnu… Le gendarme Carraz s’est immédiatement vêtu en civil, après avoir chaussé une culotte kaki, enlevée aussitôt. A sa femme… il dit «Je suis absolument obligé de partir. C’est un ordre du maquis ». Le gendarme Carraz est parti à bicyclette, en emportant son armement et ses munitions. Vers la même heure, le gendarme Roy, habitant à la caserne était également réveillé… Vers 3 heures, habillé en civil, tenant sa bicyclette sur laquelle se trouvait un sac contenant divers objets et son armement, il a dit au chef qu’il venait de réveiller : « Cela a assez duré, je pars. » Il est alors parti sans écouter les observations du chef pris au dépourvu et dévêtu. (2)

Le matin du 6 juin, ce sont 120 hommes armés formant 4 sections de 5 « sizaines » chacune qui sont sur pied de guerre.

Ce jour-là, FFI et FTP fusionnent à Graçay.

L’instituteur Henri Gauthier, membre des FFI, relate les événements.

Le 6 juin, les résistants se mettent en position autour de Graçay et de Nohan-en-Graçay. Des barrages sont établis sur la route de Vatan et sur la N20. Les résistants cherchent à s’emparer d’un poste de guet allemand situé au lieu-dit « l’Amérique », sur la route de Genouilly.

Mais l’ennemi est bien retranché. Henri Blondel, qui arrive en moto, est tué. Marcel Chesne subira le même sort, tué lui aussi, dans le fossé de la route.

Des fusées sont lancées du poste et le soir les Allemands reçoivent des renforts. Jean Bourdin et Jean Crétier sont fait prisonniers et fusillés le lendemain à Châteauroux.

Le gros des résistants qui se tient à la ferme des Roys ouvre le feu sur l’ennemi, mais doit se replier.

Le 7 juin les Allemands occupent Graçay. Un accrochage a lieu avec des camions allemands sur la nationale 20, sans dommage pour les résistants qui gagnent les bois environnants et doivent changer de place chaque jour.

Les jours suivants les forces de répression venues de Bourges attaquent dans toute la région. Le 11 juin, c’est la journée des massacres : à Dun-le-Poëlier, les Mineaux, les Souches, la Taille de Ruines situées dans les communes de l’Indre, voisines de Graçay. Le soir, des maquisards faits prisonniers dont le gendarme André Tessier, de Vatan, et Jacques Lacoste, de Bagneux, sont fusillés dans les carrières de la Poterie, sur la commune de Graçay.

Le 14 juin, l’ordre de dispersion est donné.

Un groupe s’installe dans les bois près de Nohan-en-Graçay. D’autres resteront à Graçay où ils constitueront la Milice Patriotique.

Les événements de la Goubarderie

Le groupe de FFI installé à Nohan-en-Graçay près de la ferme de la Goubarderie, réceptionne des parachutages au cours des nuits du 5 au 7 juillet. La seconde nuit fut marquée par un accident grave. Des containers ont explosé et communiqué le feu à une haie. Le feu d’artifice qui s’en est suivi n’a pas été sans alerter les Allemands et leurs amis car il y avait des miliciens dans la région.

Le matin du b8 juin, vers 6 heures, une patrouille surprend deux FTP, Gaston Bigot et André Deschoot à la Maison Fort, sur la route de Genouilly à Saint-Georges-sur-la Prée. Les deux résistants sont capturés après un rapide combat et emmenés à la Feldgendarmerie de Vierzon ou Deschoot est assassiné, probablement par Paoli arrivé sur place. Le corps de Bigot, atrocement supplicié, sera retrouvé le lendemain près du lieu des parachutages, à la Goubarderie, où un drame s’est déroulé.

Il est midi, ce 8 juillet, lorsque Paoli, à la tête des Allemands, surgit à la Goubarderie, une ferme pourtant située très à l’écart des routes. Des maquisards qui ont travaillé toute la nuit au parachutage y font leur toilette. Désarmés, André Touzeau, Jean Secrétain, Maurice Nicault sont abattus sur place. Deux autres, Cohen et Coindreau, sont fait prisonniers. Déportés, ils mourront en Allemagne.

Après s’être restaurés sur place les nazis arrêtent les fermiers qui appartiennent également à la Résistance : la famille Ferrier et leur fille Cécile, âgée de 16 ans.

Déportés, eux aussi périront dans les camps de concentration.

Le bétail est volé, la ferme brûlée, et une partie des armes parachutées, tombe aux mains de l’ennemi.

Le maquis se disperse à nouveau et se reforme le12 juillet dans les bois de Saint-Outrille pour passer sous les ordres du commandant Conte ? Des FFI de l’Indre. Ils participent aux combats de la Libération dans le nord de ce département voisin où deux d’entre eux trouveront la mort : Bernard Capteau et Bernard Gentet.

Ce même 12 juillet, Camille Levêque, le responsable des résistants de Graçay, est arrêté sur la route de Vierzon et personne ne le reverra.

Une mobilisation anticipée ?

Une question se pose : Pourquoi cette mobilisation à Graçay, alors que les groupes de Genouilly et Saint-Georges-sur-la Prée, adhérant au Front National dont la direction départementale dépend de la région P2 n’ont pas bougé ? On retrouve à Graçay les mêmes questions et probablement les même réponses qu’à Saint-Amand, à Guéret et Tulle qui dépendaient de la Région R5.

On constate d’ailleurs la sortie des maquisards, au grand jour, à Chateaumeillant et à Chateauneuf. A Bigny-Vallenay, selon un rapport de gendarmerie, les résistants se sont groupés le 7 juin à 5 heures du matin et ils ont demandé aux ouvriers de ne pas se rendre à leur travail. (ADC.Z. 1628)

(1) Théogène Briand deviendra le commandant Alex des FTPF de l’Indre. Armand Mardon était maire et conseiller général socialiste de Dun-le-Poëlier, révoqué par Vichy. Arrêté par les Allemands, il périra en déportation.

(2) ADC Z1628. La femme du gendarme Roy et ses trois enfants furent expulsés de la caserne par ses supérieurs qui ne se préoccuperont pas de savoir s’ils pouvaient trouver un abri ailleurs.

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