par Maurice RENAUDAT, ancien résistant et membre des FTPF du CHER

Les FTPF (Francs Tireurs et Partisans Français) sont issus de l’O.S (Organisation Spéciale) du Parti Communiste Français. Avec la création du Front National de Lutte pour l’Indépendance de la France, ils deviennent la formation armée de cette organisation et leur recrutement s’étend à tous les patriotes qui veulent libérer le pays.

Organisés dans les villes et les campagnes, ils forment des équipes de trois hommes, plus le chef, des groupes qui rassemblent deux équipes, des détachements qui comprennent trois ou quatre groupes, puis la compagnie qui se compose de trois ou quatre détachements.

Leur tactique consiste à rassembler les groupes nécessaires pour une opération. Ils se dispersent ensuite et se reforment pour l’action suivante.

Le commandant en chef des FTPF est Charles Tillon.

Dans le Cher, c’est au début de 1942 que Marcel Cherrier installe le premier groupe dans la forêt d’Allogny au lieu dit « Les Rioux », (le groupe est reconnu unité combattante du 1er février 1942 au 13 septembre 1944 sous la dénomination : « Premier groupe de sabotage départemental des FTPF du Cher »).

C’est là, dans une cabane en planches, puis dans une roulotte, armés seulement d’un fusil de chasse et de trois revolvers, que les premiers FTPF vont s’initier aux techniques du sabotage, notamment sur les voies ferrées, surtout par déboulonnage des rails.

Avec les FTPF du Loiret, du Loir-et-Cher et de la Nièvre, ceux du Cher constituent un groupe régional (le groupe Chanzy) le 3 décembre 1942.

Parmi les opérations importantes dans le Cher, citons :

– le sciage à Saint-Germain-du-Puy de onze poteaux en bois servant au balisage du terrain d’aviation allemand de Bourges dans la nuit du 18 au 19 juillet 1942 ;

– une à Marmagne le 29 janvier 1943, causant la mort de nombreux soldats allemands, ce qui entraîne la décision de l’occupant de faire garder les lignes de chemin de fer par des civils français réquisitionnés ;

– l’attentat contre une personnalité de la collaboration, Marcel Deat dans la Nièvre, le 9 mars 1943 qui entraînera l’arrestation de Louis Chevrin, Henri JAQUET, Antoine Lherault et Paul Girardot, fusillés à Orléans le 8 octobre 1943 ;

En 1943 dans l’est du département, d’autres maquis sont constitués sous les ordres de Roland Champenier (19 ans).

– à Maupioux, près de Dun-sur-Auron, par Marcel Lalonnier et Henry Diaz ;

– à Feux, dans le Sancerrois, par Daniel Lemaire ;

– Roland Champenier récupère un dépôt d’armes parachutées à Yvoy-le-Pré (15 juin 1943), armes qui vont être utilisées notamment dans la nuit du 13 juillet 1943 contre un convoi allemand à la sortie du tunnel du Tendron à Nérondes ;

– citons également le sabotage par le groupe des Rioux, de la station de radio d’Allouis (Radio Paris), le 9 juin 1943 (coupure du câble reliant les studios à la station) ;

– le 19 mai 1944, c’est le groupe de Daniel Lemaire, qui veut délivrer un patriote de Veaugues, arrêté par la Gestapo et qui est pris à revers par les Allemands. Le combat de Veaugues se solde par sept FTP tués.

Le 9 juin 1944, le maquis de Maupioux participe à l’attaque du siège de la Milice à Saint-Amand et avec l’ensemble des résistants doit se replier dans la Creuse qu’il quitte bientôt pour revenir dans le Cher.

Dans la période des combats pour la Libération, les résistants jusqu’alors restés à leur travail constituent de nombreux maquis.

Les compagnies ainsi formées vont constituer le 1er Régiment Populaire du Berry (1er RPB) qui comptera 2300 hommes à la Libération sous les ordres du colonel Hubert (Marcel Lemonnier) .

Julien Girault (commandant Maxime) édite, après le débarquement en Normandie et jusqu’au 15 août 1944, un journal ronéotypé « En Avant » qui relate chaque quinzaine les actions menées par les FTPF du Cher.

Nous pouvons également citer les actions suivantes :

– « Le Poids de Fer à Marseilles-les-Aubigny, le 13 août 1944

– « Pont Vert » à Marmagne, le 22 août 1944

– « Pic Montaigu » le 21 août 1944

– « Saint-Hilaire-de-Court » le 31 août 1944 qui met aux prises 300 FTPF à une colonne allemande de 2000 hommes

– « Barenthaume », le 1er septembre 1944

Les responsables militaires des FTPF du Cher :

– Louis Chevrin (fusillé le 8 octobre 1943)

– Roger Melnick (fusillé le 23 novembre 1943)

– Roland Champenier (blessé dans les Vosges le 9 novembre 1944, décédé le 13 novembre 1944)

– Pierre Serpaud

– Julien Giraud (commandant Maxime, assassiné le 15 août 1944)

– Marcel Labonnier (colonel Hubert)

Les FTPF ont leur propre organisation et sont membres des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).